… C’est désormais par ici que ça se passe :
L’écho déménage, déjà, pour trouver un lieu plus confortable où se développer.
Je vous y attends, bonne lecture !

… C’est désormais par ici que ça se passe :
L’écho déménage, déjà, pour trouver un lieu plus confortable où se développer.
Je vous y attends, bonne lecture !
Vous êtes-vous déjà demandé ce que pourrait donner un mix de la Baronne de Rothschild avec Rika Zaraï ?
C’est en fouinant dans un dépôt-vente que j’ai trouvé la réponse : la très célèbre (il fut un temps) Baronne Staffe, auteur de plusieurs guides à succès sur les bonnes manières et l’hygiène féminine.
Je ne sais pas si cette dame avait du chien, mais elle a su dicter aux jeunes femmes de la fin du 19e suffisamment de règles en tout genre pour les maintenir dans un corset rigide de bonnes manières et de bon goût. Le sien, en tout cas.
Elle est l’auteur entre autres des Usages du Monde, dont Mme de Rothschild a dû s’inspirer tout comme des milliers de femmes pendant une bonne cinquantaine d’années, et du Cabinet de toilette, déniché cet été dans un rayon de livres anciens.
Ah, les bons conseils de la Baronne Staffe… Pétrie de bonnes intentions et des préjugés de son époque, elle nous explique dans son Cabinet que c’est au Moyen-Âge que la propreté corporelle fut considérée comme une impiété (grave erreur), que le lavage des éponges doit être fait par la maîtresse de maison et non par les domestiques, et que pour garder le teint rose et frais en vieillissant, si des mondanités nous empêchent de nous coucher avec les poules, il est conseillé de boire un bouillon et un verre de malaga en se couchant.
Si ma mère m’avait enseigné ça un jour, je crois que je l’aurais regardée avec de grands yeux ronds…
Mis à part ces détails, un grand nombre de recettes de lotions, crèmes et potions naturelles émaillent les pages de ce guide plutôt bien écrit. La Baronne critique vertement les produits cosmétiques industriels, responsables de tous les maux (une visionnaire, la Staffe ? ou simplement une personne d’une grande lucidité ?), et invite de toutes ses forces au naturel.
En feuilletant ce guide, j’ai souvent eu envie de rire (je ne me suis pas beaucoup retenue), et parfois de noter ses conseils. En bref, j’ai eu l’impression de lire l’une de ces revues féminines bourrées de conseils de beauté qui suivrait la mode du retour au naturel, blindées de photos retouchées de filles squelettiques dont le naturel consiste en un maquillage épais mais dans des tons discrets.
Retour maintenant aux origines de cette fameuse Baronne Staffe. Je n’ai pas pu m’empêcher de fouiller un peu sur le Web, pour y découvrir qu’elle n’est pas plus Baronne que moi, mais plutôt une modeste bourgeoise, née en 1843 sous le nom de Blanche Soyer et élevée par ses deux tantes à Savigny-sur-Orge. Celle qui publia Mes secrets pour plaire et être aimée finit vieille fille, sans contact particulier avec l’aristocratie française, mais eu un tel succès avec ses ouvrages qu’elle fut capable de s’offrir un pavillon à Savigny, la Villa Aimée, devenu paraît-il le commissariat de police de la ville (!). Elle travailla pour différents journaux de l’époque (dont le Figaro), sa plume n’étant pas dénuée d’intérêt.
On en arrive maintenant au professionnel du livre, et à ce qu’il fut à l’époque de notre spécialiste des bonnes manières : Victor Havard, qui publia l’exemplaire du Cabinet que j’ai entre les mains, avait repris la suite de son père, Gustave.
Je n’ai pas trouvé beaucoup d’informations à son sujet, à part qu’il fut l’éditeur de Maupassant et que sa maison d’édition lui causa certainement plus d’une crise de foie :
La fin du 19e fut une période vraiment très dure pour les éditeurs-libraires, qui fut fatale à notre Victor. Jugez plutôt : son père résista à deux faillites en obtenant des concordats, sorte de redressement judiciaire, en 1846 et 1861.
Le fils eut moins de chance : un premier concordat accordé en 1896 (année de l’édition de mon Cabinet, vous l’aurez relevé sur la couverture du livre) l’avait sauvé, une deuxième faillite en 1906 lui fut fatale.
La faute à qui ? Certainement à une sorte de capitalisation renforcée du monde de l’édition, où les gros créèrent des sortes de grossistes du livre, ou fusionnèrent les uns entre les autres (comme Le Moniteur et Dalloz à cette même période). Et où un maximum de petits éditeurs indépendants disparurent définitivement*.
*Source : Histoire de la Librairie française, éditions du Cercle de la Librairie 2008
Vite, une info de dernière minute !
Du 4 (soit demain) au 7 novembre 2010 aura lieu le Salon International du Patrimoine Culturel au Carrousel de Louvre, à Paris.
Ce sera l’occasion de rencontrer les spécialistes des métiers d’art, de se pencher sur les particularités du patrimoine méditerranéen et de passer un bon moment entouré de belles choses…
Aurais-je le temps d’y faire un tour ? Hmmm… je l’espère !
Plus de renseignements sur le site du Salon : www.patrimoineculturel.com
Ce diaporama de photos prises sur toute la durée de la création de ce livre a été trouvée sur le Blog du Bibliofil :
Ça donne le vertige, non ? J’aimerais parfois pouvoir ralentir le débit de cette avalanche de photos (plus de 3000 clichés pris en deux mois !), pouvoir observer en détail la réalisation de ce livre d’art. Bon, en fait, ça me donne tout bêtement envie d’aider cette femme, de discuter avec elle, d’apprendre son art et de passer du temps dans son atelier…
En tout cas, j’applaudis à deux mains le photographe et l’artiste relieuse, l’idée est excellente et passionnante !
The Complex Of All Of These a été publié en 35 exemplaires, numérotés et signés par son auteur-façonneur, Abigail Wendler Uhteg.
PS : Après avoir fait une petite recherche rapide sur la toile, j’ai trouvé une fiche de ce livre en vente dans une association américaine, Women’s Studio Workshop.
Les 20 et 21 novembre prochain, le très célèbre Hôtel Drouot à Paris ouvre ses portes aux visiteurs et leur permettra de poser toutes les questions qui les tarabustent à ses commissaires-priseurs…
À vos agendas !
Le mobilier, moi, j’adore ça. Je ne suis pas une spécialiste, loin s’en faut, mais quand je regarde un meuble j’apprécie toujours le travail de l’ébéniste qui l’a fabriqué, du designer qui l’a conçu (si ce n’est pas la même personne), et je cherche toujours à découvrir des détails aussi méconnus mais à mon sens importants que le nom du type pas bête qui a inventé les tiroirs.
Je n’y connais pas grand-chose, pour le moment, mais en me penchant sérieusement au-dessus du rayon “Mobilier” de la librairie où je travaille, je me suis rendue compte qu’un certain nombre de livres ont été publiés pour les amateurs comme moi ou les pros qui peuvent avoir besoin d’un pense-bête.
Et ces livres-là sont une véritable source de plaisir pour qui aime l’Histoire, l’art, et l’Histoire de l’art…
Du coup, ni une, ni deux, je vous propose ma sélection “coup de cœur de la libraire” :
- Reconnaître les meubles de styles, de Pierre-Marie Favelac, éditions Massin 1981 (9782707200600)
Sur papier glacé, celui-ci propose un panorama du mobilier de style de la Renaissance à 1925. On peut se demander ce que pense l’auteur du mobilier contemporain, pour avoir squeezer un pan non-négligeable de l’art du 20e siècle, mais pourquoi pas…
Richement illustré de photos en couleurs, il est succinct mais déjà intéressant.
Son point fort ? En fin de chapitres un récapitulatif des particularités de chaque type de meuble classé par époque et des encadrés vite repérables concernant les créateurs à connaître pour chaque style.
Bon à savoir : les éditions Massin, spécialisées dans l’architecture, la déco et l’artisanat, publient une série d’ouvrages sur le mobilier région par région ou époque par époque, plus complets que ce guide général.
- Reconnaître et choisir ses meubles, de Olivier Collin du Bocage, éditions Hachette Pratique 2005 (9782012369481)
Celui-là est clairement positionné sur l’aide à l’achat de mobilier : écrit par un commissaire-priseur de Drouot, il est truffé de conseils sur les points à ne pas négliger au moment de l’acquisition d’un meuble. Détails qui seront gages de sa qualité… Il présente la valeur des différents types de meubles sur le marché.
Ce dernier point est une estimation faite sur des meubles bien précis qui permet juste de se faire une idée des prix. Ce n’est pas un argus, d’autant que cette édition date (déjà) de 2005.
Certains détails des meubles mis en exergue et agrandis pour illustrer le texte et quelques pages plus techniques (sans excès), sont les compléments presque obligatoires à ces cotes. Par exemple, les différents types d’assemblages vous seront présentés sous forme de schémas, et permettront de mieux fixer un lexique parfois difficile à saisir pour qui ne s’y connaît pas.
Moins joli et encyclopédique que les trois autres titres de cette sélection, aux illustrations moins belles, il est résolument pratique : il pourra vous accompagner en salle de vente ou dans des dépôts-vente bien achalandés et vous évitera à l’achat quelques erreurs de débutants.
- Étude des styles de mobilier – 2nde édition, de André Aussel et Charles Barjonet, éditions Dunod 2009 (9782100522231).
Plus technique que les deux premiers, c’est une édition connue depuis très longtemps et souvent achetée par des étudiants en ébénisterie qui ont besoin d’un ouvrage synthétique et bien pensé.
La grande nouveauté de sa seconde édition (avril 2009), est l’apport de la couleur : rien de tel pour mieux observer en détails les exemples proposés ! Les schémas plus techniques et les meubles dessinés (à la main ?) sont toujours en noir et blanc, mais cette évolution entre les deux éditions reste non négligeable.
Ce guide classé par époque couvre les périodes allant de l’antiquité (Égypte etc.) à l’époque contemporaine (environ 2003).
Son plus ? Un tableau synoptique très pratique qui présente l’évolution de l’architecture, des coffres , des tables, des siège et des lits sur une double page pour chacun d’entre eux.
- Guide des meubles et des styles, Françoise Deflassieux, éditions Solar 2005 (9782263034954)
Celui-ci, c’est mon chouchou, le plus complet et le plus agréable à feuilleter :
Lecture plaisir, il couvre toutes les périodes depuis le 14e siècle (soit le gothique flamboyant) jusqu’après 1925.
Très bien illustré, en couleur, il retrace aussi bien l’histoire du mobilier que celle de ses artisans (ébénistes, tapissiers, designers…). Il met en perspective l’Histoire de chaque période et l’évolution des styles, de façon beaucoup plus précise que dans les autres ouvrages que j’ai pu consulter. On se rend alors vraiment compte du lien entre la vie quotidienne, les goûts de chaque époque et la recherche du mieux et du beau des artisans.
Un récapitulatif par type de meuble, qui concerne environ 1/3 de son contenu, le recentre sur son thème principal. Accompagné d’un lexique bienvenu, il peut aussi bien plaire à un néophyte qu’à un professionnel.
En espérant que ces quelques lignes vous donnent envie de creuser le sujet !
Une promenade est très souvent l’occasion de découvrir quelque chose : une trace du passé, l’occasion d’une rencontre, un paysage intéressant…
Pour cela, rien de plus simple : marcher tranquillement, lever le nez, poser les questions qui nous viennent à l’esprit ou noter ce que l’on voit pour rechercher à notre retour les origines des particularités rencontrées.
C’est ainsi que vous pouvez tomber sur le poème de Claude Le Petit, poète “underground” du 17e siècle, brûlé sur la Place de Grèves à Paris pour avoir écrit un texte blasphématoire envers la Vierge…
Le poème inscrit au plafond de ce porche, à l’entrée de la petite rue de Nevers, dans le 6e arrondissement de Paris, retrace l’origine et l’état du pont Neuf, que l’on peut admirer depuis cet endroit, à l’époque de sa construction sous le “bon roi” Henri IV.
En voici la teneur :
Toi qui vas les guetres trainant
Au long des quais de la rivière
Lis ces vieux vers écrits au temps
Ou ce beau coin de ton Paris
N’était plus qu’une fondrière
Indigne du bon roi HenryFaisons icy renfort de pointes
Ce chemin nous mène au Pont-Neuf
D’un bon régal de nerf de boeuf
Saluons ces poutres mal jointes
Vrayment Pont-Neuf il fait beau voir
Que vous ne vous daygniez mouvoir
Quand les estrangers vous font feste
Savez-vous bien nid de filous
Qu’il passe de plus grosses bestes
Par dessus vous que par dessous.Pourquoy nous faites vous la morgue
Avecques vostre nouveauté
Pont en cent endroits rajusté
Tout ainsi qu’un vieux soufflet d’orguesVous qui faites compassion
À la moindre inondation
D’où vous vient cette humeur altière
Est à cause que vous avez
Cent égouts dans votre rivière
Et plus d’estrons que de pavezClaude Le Petit 1668
L’histoire de ce poète est digne d’un roman de Jean Teulé : plusieurs légendes courent sur la manière utilisée par ses détracteurs pour le faire enfermer et condamner, mais une chose est sûre : il a fini étranglé puis brûlé sur la Place de Grève en 1662 à l’âge de 23 ans, après un procès vite mené, interrompant ainsi un œuvre déjà impressionnant.
(Un détail me saute aux yeux : pourquoi ce poème sur ce plafond est daté de 1668 alors que son auteur est décédé six ans auparavant ? )
Auteur de plusieurs textes très connus à l’époque, diffusés par le bouche à oreille et sous le manteau (meilleur moyen à l’époque de contourner la censure), le poète libre et libertin a publié un grand nombre de poèmes stigmatisant les événements de cette époque ou dévoilant un Paris fait de soyeux cotillons et de positions inaptes au calme des sens, dont entre autre le Bordel des Muses.
Une histoire amusante (voire inquiétante) à ce propos : il y a quelques années, une magnifique bande dessinée réalisée par Gradimir Smudja sur la vie de Toulouse-Lautrec reprenait ce titre. Par demande express du Moulin Rouge, qui ne souhaitait pas qu’un rapprochement soit fait entre son institution et un lupanar, l’éditeur a décidé de faire changer le titre de la série à l’occasion de la parution du troisième tome. Les prochaines éditions ainsi que la suite de cette série s’intituleront désormais Le cabaret des Muses. En deux temps trois mouvements, on modifie un titre sans se préoccuper de son sens, pour (à mon avis) une mauvaise raison : le Moulin Rouge est situé en plein quartier de Pigalle, son histoire y est très étroitement liée. C’est un peu triste, et même si Smudja ne risque plus le bûcher pour avoir écrit une histoire sulfureuse, on ne peut que s’inquiéter de cette censure.
Je vous conseille vivement de faire un tour sur le site de Biographie.net, où l’histoire de Claude Le Petit est décrite en détail. Ce site est une mine d’informations passionnantes sur les grands personnages de l’Histoire.
Pour les amateurs de BD, c’est le site de la Bédéthèque qui m’a apporté les réponses à mes questions quand je suis tombée sur le tome 3 de la série du Bordel des Muses de Smudja. Portail de critiques de lecteurs sur la bande dessinée, c’est une base de données très riche qui parle aussi bien des auteurs et illustrateurs de bandes dessinées que des éditeurs et des libraires spécialisés. Elle a la particularité d’être enrichie par les utilisateurs de son logiciel de gestion de base de données , BD’Gest.
Et c’est ainsi qu’on passe d’un poète du 17e siècle à un logiciel de base données de livres : quand on vous dit que lever le nez peut instruire…